BERLIN (AA)
Des dizaines de milliers d’étudiants sont attendus samedi dans plusieurs villes allemandes pour manifester contre les réductions des dépenses sociales et les projets de rétablissement du service militaire obligatoire, ont annoncé les organisateurs.
Les manifestations, organisées par une nouvelle initiative de jeunesse baptisée « Gen Z Regelt » (La génération Z s’en occupe), réclameront également une augmentation des financements consacrés à l’éducation et des mesures pour répondre à la crise du coût de la vie.
Des rassemblements d’envergure sont prévus à Berlin, Hambourg, Munich, Francfort et Cologne, tandis que d’autres manifestations doivent se tenir dans 29 villes supplémentaires.
Selon les organisateurs, près de 175 000 personnes se sont inscrites en ligne pour participer aux mobilisations.
Composée de lycéens et d’étudiants universitaires, l’initiative affirme sur son site internet rejeter la violence et vouloir organiser des manifestations pacifiques.
Le collectif critique les réductions des dépenses sociales, la gestion gouvernementale de la crise climatique ainsi que ce qu’il considère comme une absence de réponse aux préoccupations des jeunes concernant les guerres et les conflits. Il s’oppose également au rétablissement du service militaire obligatoire et réclame davantage d’investissements dans l’éducation.
- Plusieurs organisations étudiantes prennent leurs distances
Malgré le soutien initial de plusieurs organisations de jeunesse, certaines structures se sont désolidarisées de l’appel à manifester la semaine dernière.
La plus grande organisation étudiante du pays, la BSK, ainsi que les Jusos, branche jeunesse du Parti social-démocrate (SPD), ont notamment invoqué un manque de transparence.
Elles ont décrit l’initiative comme une coalition informelle constituée sur internet, estimant que l'identité de ses responsables restait incertaine et que les organisateurs étaient difficiles à joindre avant les rassemblements locaux.
- La police se prépare à d’éventuels débordements
La police allemande a annoncé le déploiement d’importants effectifs dans plusieurs villes à l’approche des manifestations de samedi.
Des commerçants et des responsables de boutiques ont commencé à protéger leurs établissements avec des planches de bois. Plusieurs magasins de luxe situés dans les centres de Berlin, Francfort et Cologne ont notamment été barricadés.
En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, l'État le plus peuplé d'Allemagne, la police, le ministère de l'Intérieur et les services de renseignement intérieur ont été placés en état d'alerte renforcée.
Selon les organisateurs, environ 44 000 personnes se sont inscrites aux manifestations dans cette région, notamment à Cologne, Düsseldorf et Dortmund.
Le ministre régional de l'Intérieur, Herbert Reul, a reconnu la légitimité des manifestations, tout en mettant en garde contre une éventuelle instrumentalisation par des groupes extrémistes.
« Les images en provenance de France et d’Italie sont choquantes. Des extrémistes de gauche isolés souhaitent apparemment désormais se mobiliser ici aussi », a-t-il déclaré aux médias locaux.
« Quiconque instrumentalise les manifestations en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour organiser la haine et le chaos se heurtera à une police qui réagira fermement. Nous n’accepterons pas qu’une foule déchaînée détruise nos villes », a-t-il ajouté.
*Traduit de l'anglais par Ayse Bashoruz
Ayhan Şimşek