Darmanin juge le renseignement très efficace contre le « terrorisme islamiste », mais défaillant face à l’ultra-gauche
- Le ministre français de la Justice a reconnu que « nous avons failli incontestablement »

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- Le ministre français de la Justice a reconnu que « nous avons failli incontestablement »

AA / Istanbul / Mariem Njeh
Le ministre français de la Justice Gérald Darmanin a estimé, lundi sur France 2, que le renseignement français était performant face au "terrorisme islamiste" et à la criminalité organisée, mais défaillant face à l’ultra-gauche, dans un contexte de violences survenues le week-end passé dans plusieurs villes en France.
« Le renseignement français est au top contre le terrorisme islamiste. Il n’y a plus d’attentats, je touche du bois, ou quasiment plus. Il est fort contre la criminalité organisée. Il est important contre les ingérences étrangères, mais manifestement il ne sait pas lutter correctement contre l’ultra-gauche », a-t-il déclaré.
- « Nous avons failli incontestablement »
Revenant sur la gestion du week-end, Gérald Darmanin a reconnu que « nous avons failli incontestablement », en reprenant les termes du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui, selon lui, l’avait lui-même admis. Il a affirmé être « heureux de continuer avec lui pour protéger les Français », saluant « un très grand professionnel » et « un grand ministre de l’Intérieur ».
Il a relevé que le chef de l’État et le ministre de l’Intérieur avaient évoqué un « défaut dans les renseignements », avant d’ajouter : « On ne fait pas de bonne police sans bon renseignement. » Selon lui, il faut « savoir ce qui a dysfonctionné » pour permettre aux policiers, gendarmes et pompiers, « pris à partie pendant deux jours », de travailler sur le terrain. Il a promis son « soutien considérable » à ces personnels.
Pour rappel, le président français Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé l’Élysée lundi, au lendemain de violences en marge de la mobilisation du 17 octobre.
« Je suis responsable de tout ce qui se passe », a déclaré Nuñez lundi sur France Inter. Le ministre, dont une partie de la gauche réclamait le départ, est attendu dans la journée à Marseille, ville particulièrement touchée.
Tout en conservant Nuñez, le chef de l’État a de nouveau réclamé de la « transparence », pointant des « défaillances d’anticipation et de renseignements » qui ont conduit aux émeutes et aux destructions. Il lui a demandé de déployer « au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action » contre les casseurs.
En France, le samedi 17 octobre était une journée de mobilisation nationale contre la « vie chère » (inflation, prix des carburants et de l’énergie en forte hausse, pouvoir d’achat, services publics). Elle a rassemblé une convergence de luttes : anciens Gilets jaunes, lycéens (mouvement lycéen en cours depuis fin septembre autour des conditions scolaires, syndicats (notamment CGT), étudiants, retraités, et militants divers.
De nombreux cortèges se sont déroulés calmement, mais la journée a été marquée par des violences, pillages de commerces, affrontements et attaques de bâtiments publics dans plusieurs villes (Paris, Marseille, Lyon, etc.).