France / Acte III : l’Union étudiante annonce le blocage d’universités et de lycées dès mardi
- La secrétaire générale de l’UNEF a accusé le pouvoir d’utiliser « le Conseil d’État pour piétiner la liberté de manifester »

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- La secrétaire générale de l’UNEF a accusé le pouvoir d’utiliser « le Conseil d’État pour piétiner la liberté de manifester »

AA / Istanbul / Mariem Njeh
Des responsables de l’Union étudiante, de la FAGE et de l’UNEF ont appelé samedi à poursuivre la mobilisation pour les conditions d’étude, lors de l’Acte III organisé à Paris, dans des déclarations à la presse à Porte de Charenton.
Sabrine Carbache, porte-parole de l’Union étudiante, a indiqué que la mobilisation durait depuis un mois « pour des conditions dignes ». Elle a affirmé que le gouvernement « attaque » les conditions des lycéens et des étudiants depuis des années et qu’il n’y avait eu, face à cela, « que de la réponse répressive ».
Selon elle, les organisations avaient obtenu gain de cause devant le tribunal administratif pour pouvoir manifester. Elle a accusé le gouvernement d’avoir fait annuler cette décision « par le biais de Nunez ». Elle a affirmé que le parcours avait été annoncé une semaine auparavant et que la manifestation était « sécurisée », puis jugé que le gouvernement « organise le chaos » et qu’il est en train de « trembler » et de « reculer ».
Sabrine Carbache a annoncé que les universités et les lycées seraient bloqués « dès ce mardi » à l’appel de l’Union syndicale lycéenne, de l’Union étudiante et de l’intersyndicale. Elle a ajouté que les blocages se poursuivraient « jeudi également », « pour ensuite aller en manifestation, ce 5 novembre », à l’appel de travailleurs qui appellent à la grève.
Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, a dénoncé « une stratégie du gouvernement » visant à diviser les mobilisations. Elle a déclaré : « Ils ont essayé la pluie, ils ont essayé d’essouffler avec les vacances, ils ont essayé de diviser chaque semaine. Ça ne marche pas. » Elle a estimé que la seule issue pour le gouvernement était de répondre aux revendications des jeunes et, plus largement, des travailleurs.
Elle a cité des étudiants qui ne peuvent pas se nourrir en parallèle de leurs études et d’autres qui se « sursalarient » et arrêtent leurs études. Elle a ajouté que le gouvernement avait lui-même indiqué qu’il ne s’agissait que d’une « première phase d’annonces », et que la FAGE attendait « les vraies annonces budgétaires ».
Manon Moret, secrétaire générale de l’UNEF, a déclaré que les organisations syndicales avaient gagné au tribunal administratif sur une manifestation « sécurisée habituellement par les services d’ordre ». Elle a accusé le pouvoir d’utiliser « le Conseil d’État pour piétiner la liberté de manifester », droit qu’elle a qualifié de constitutionnel. Elle a affirmé que l’UNEF et l’intersyndicale refusaient d’entrer dans « cette stratégie de désorganisation et de chaos ».
Sur le fond, elle a affirmé que le gouvernement n’avait « toujours pas répondu concrètement » aux revendications de la jeunesse. Elle a déclaré qu’on annonce « 15 000 places supplémentaires sans préciser que 10 000 ont été supprimées en un an ». Elle a ajouté que le gouvernement a annoncé 37 millions d’euros pour une indexation des bourses, alors qu’au moins 60 millions d’euros doivent, selon elle, être investis. « Ce n’est pas assez », a-t-elle dit.