Ankara (AA)
La députée européenne Rima Hassan (LFI) a réagi samedi sur la plateforme américaine X à de nouvelles informations concernant l’auteur présumé de l’attentat de Trappes, estimant que la police aurait pu empêcher le drame si elle n’avait pas été « aveuglée par son racisme ».
Dans un message publié le 31 octobre, Rima Hassan s’appuie sur un reportage de TF1 Info. Elle rappelle que, trois jours avant l’attaque du 23 octobre, Kévin T. avait violemment agressé un homme noir dans une station-service. Selon ces informations, l’assaillant l’aurait gazé, projeté au sol et lynché en proférant des menaces à caractère raciste : « Je vais te tuer, je vais te tuer. On va se débarrasser de vous, on en a marre de vous. »
La police, intervenue pour mettre fin à l’agression, aurait d’abord menotté la victime noire avant de la relâcher et de la conduire à l’hôpital, où plusieurs dents cassées ont été constatées. La victime a déposé plainte. Le soir même, elle a appris que son agresseur était libre. Trois jours plus tard, Kévin T. a commis l’attentat de Trappes.
Pour Rima Hassan, la police aurait dû arrêter Kévin T. et non la victime, les menaces auraient dû être prises au sérieux et faire l’objet d’investigations approfondies, estimant que cela aurait pu empêcher le passage à l’acte à Trappes.
Le 23 octobre 2026, vers 10 heures, Kévin T., 39 ans, habitant de Plaisir (Yvelines), a mené un « périple meurtrier » d’environ 12 kilomètres à bord d’une Renault Clio grise, armé d’un pistolet-mitrailleur. Il a ouvert le feu à huit endroits différents à Trappes et La Verrière, tirant au total 128 munitions.
Le bilan s’élève à un mort – Pengo Bossio Wangi, 26 ans, Français d’origine congolaise et espoir du MMA – et sept blessés, dont plusieurs d’origine africaine ou maghrébine et une fillette de 11 ans grièvement touchée par 8 projectiles (son pronostic vital n’est plus engagé).
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a qualifié les faits d’assassinat et de tentatives d’assassinats « en relation avec une entreprise terroriste », avec la circonstance aggravante de racisme.
Kévin T. a reconnu avoir spécifiquement ciblé des personnes « de type musulman, africain ou nord-africain » et avoir choisi Trappes car il la considérait comme « un repaire d’islamistes ». Il a déclaré n’avoir « aucun regret », tout en contestant initialement le caractère terroriste de ses actes.
L’homme, connu de la justice pour des faits de droit commun anciens et suivi pour schizophrénie, était inconnu des services de renseignement. Son appartement avait été piégé avec des bonbonnes de gaz. Des traces de cannabis et de cocaïne ont été trouvées dans son sang. Un exemplaire de Mein Kampf et des autocollants pro-RN ont notamment été découverts à son domicile.
Ayvaz Çolakoğlu