AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
L’Assemblée nationale française a observé, mardi, une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi, jeune homme de 26 ans tué lors de l’attentat à caractère raciste perpétré vendredi dernier à Trappes, dans le département des Yvelines, en région parisienne.
La cérémonie s’est déroulée dans l’hémicycle, en ouverture de la séance des questions au gouvernement, en présence notamment du maire de Trappes, Ali Rabeh, et des députés français.
« La haine raciste tue », a déclaré la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avant d’inviter les parlementaires à observer une minute de silence en mémoire de la victime.
« Il avait des rêves, des projets, une vie à construire. La haine raciste lui a volé cet avenir », a-t-elle également souligné.
Pengo Bossio Wangi, Français d’origine congolaise, était un jeune sportif passionné d’arts martiaux mixtes (MMA). Il s’entraînait au sein du club Atch Academy, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, et envisageait une carrière professionnelle dans cette discipline.
Selon son entourage, le jeune homme était particulièrement investi dans sa pratique sportive. L’avocat de sa famille, Me Yassine Bouzrou, l’a décrit comme une personne « toujours prête à aider les gens », travailleuse et passionnée de sport.
L’attaque survenue vendredi 23 octobre à Trappes a coûté la vie au jeune homme et fait sept blessés, dont quatre graves, suscitant une vive émotion à travers la France.
- Des rassemblements contre le racisme dans plusieurs villes
L’attentat a provoqué une vague d’indignation et donné lieu à plusieurs rassemblements contre le racisme, notamment à Paris, Lyon et Marseille, où des centaines de personnes se sont réunies lundi soir pour rendre hommage aux victimes.
Plusieurs responsables politiques ont dénoncé la banalisation des discours de haine et appelé à une mobilisation collective contre le racisme.
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a notamment estimé mardi sur BFMTV-RMC que « la société dans son ensemble a baissé les armes » face à la progression des discours racistes.
L’édile a appelé à tirer collectivement les enseignements de cette attaque et à lutter contre la stigmatisation de certaines populations.
De son côté, la députée de La France insoumise (LFI), Clémence Guetté, a annoncé vouloir demander la création d’une commission d’enquête parlementaire afin d’établir les responsabilités liées à l’attentat.
Le suspect, identifié comme Kévin T., conteste pour sa part le caractère raciste des faits qui lui sont reprochés, selon les déclarations du procureur national antiterroriste rapportées par franceinfo.
L’attaque continue d’alimenter le débat politique en France sur la montée du racisme, les discours de haine et la responsabilité des acteurs publics dans la lutte contre les discriminations.