AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé jeudi que la préfecture de police de Paris allait faire appel de la décision du tribunal administratif de Paris suspendant l’arrêté préfectoral qui interdisait le parcours Bastille-Nation, proposé par la Confédération générale du travail (CGT), pour la manifestation du samedi 31 octobre.
Interrogé sur cette décision de justice, le ministre a déclaré : « Dans notre pays, on peut faire appel. Donc voilà, moi, je vais regarder pour qu'on puisse faire appel. » Il a justifié cette démarche par les risques de troubles à l’ordre public, évoquant notamment les dégradations et les pillages survenus lors de la manifestation du 17 octobre.
En prévision des rassemblements, les autorités françaises ont annoncé le déploiement d’un dispositif policier présenté comme exceptionnel sur l’ensemble du territoire national.
Les moyens engagés comprendront notamment 15 engins lanceurs d’eau et 26 véhicules blindés Centaure de la gendarmerie nationale selon le ministre. Les unités spécialisées de la BRI, du RAID et du GIGN seront également mobilisées, avec des drones et des hélicoptères.
Le ministre a précisé que toutes les forces mobiles disponibles seraient engagées afin de prévenir les débordements. Il a également indiqué que la doctrine opérationnelle reposerait sur une forte mobilité des forces de sécurité, pour leur permettre de s’adapter aux déplacements des groupes considérés comme à risque.
Laurent Nunez a également justifié le renforcement du dispositif par la circulation de messages sur les réseaux sociaux appelant, selon lui, à des violences, des pillages et des rassemblements nocturnes à l’occasion d’Halloween.
Il a notamment fait état de publications faisant référence à des notions d’« insurrection », de « révolution » et au film américain The Purge.
« On ne se prépare pas à subir des pillages. On se prépare à empêcher les gens de commettre des pillages », a-t-il affirmé, ajoutant que les autorités apporteraient une réponse « très ferme » en cas de violences.
Le ministre a assuré que les manifestations déclarées seraient protégées par les forces de sécurité et pourraient se dérouler jusqu’à leur terme, dans le respect de l’ordre public.
« Pour les cortèges qui sont déclarés, ces cortèges seront protégés, ils iront au bout », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que les forces de l’ordre interviendraient avec fermeté en cas de désordres.
Il a par ailleurs précisé que de nombreux rassemblements, notamment à Rouen et au Havre, faisaient l’objet de discussions avec leurs organisateurs afin de prévoir des parcours en dehors des centres-villes et de limiter les risques de dégradations.
Ayşe Başhoruz