AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
Le principal suspect de l’attentat perpétré vendredi à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, qui a fait un mort et plusieurs blessés, conteste le caractère raciste de ses actes, a annoncé lundi le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, lors d’une conférence de presse à Paris.
Kévin T., âgé de 39 ans, « ne conteste pas la matérialité des faits », mais « conteste le caractère raciste de ses crimes », a précisé le magistrat, selon les médias français.
Sa garde à vue a repris lundi peu avant 15 heures, après avoir été suspendue en raison de son état psychiatrique.
Selon le procureur, une nouvelle évaluation médicale a conclu que le suspect ne présentait pas de symptômes de décompensation aiguë ni de signes justifiant une hospitalisation psychiatrique sous contrainte.
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) maintient néanmoins les qualifications terroristes retenues dans cette affaire, ainsi que la circonstance aggravante liée à l'origine réelle ou supposée des victimes.
Olivier Christen a notamment évoqué la préparation du parcours meurtrier, l'utilisation d'un pistolet-mitrailleur et le ciblage de nombreuses personnes, dont des enfants, pour justifier la qualification terroriste.
Le profil de la majorité des victimes et certains propos attribués au suspect ont également conduit les enquêteurs à retenir la circonstance aggravante raciste, a-t-il expliqué.
L'attaque, survenue vendredi 23 octobre dans les communes de Trappes et de La Verrière, a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un homme de 26 ans d'origine africaine.
Selon le dernier bilan présenté par le procureur, quatre personnes ont été grièvement blessées, dont trois étaient toujours hospitalisées lundi soir. Le pronostic vital de l'une d'elles demeurait engagé, tandis que celui d'un enfant de 11 ans n'était plus menacé.
Trois autres personnes ont été légèrement blessées et huit personnes directement visées par les tirs n'ont pas été atteintes physiquement.
Le suspect avait été interpellé vendredi à Coignières, peu après les fusillades.
Quatre membres de son entourage familial et amical, également placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête, ont été remis en liberté dimanche soir, sans poursuites à ce stade.
Le procureur a par ailleurs démenti la présence de tracts d'un parti politique dans le véhicule du suspect, contrairement à certaines informations relayées précédemment dans la presse.
L'enquête se poursuit sous l'autorité du PNAT afin de préciser les circonstances de l'attaque et les motivations de son auteur présumé.