AA / Istanbul / Mariem Njeh
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé vendredi « objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe », après les tirs qui ont fait un mort et plusieurs blessés dans sa commune.
« C’est probablement l’une des premières tentatives de crime de masse à connotation islamophobe et raciste », a-t-il déclaré à BFMTV. « Les gens qui ont été visés aujourd’hui, ça aurait pu être ma mère, mes frères, mes belles-sœurs », a-t-il ajouté.
Le maire a appelé à « être collectivement lucide » sur les discours qui, selon lui, « arment idéologiquement ceux qui sont capables de passer à l’acte ». Il a estimé que ces discours « sont criminels » et qu’« il faut les condamner comme tels ». « Dans un grand pays comme le nôtre, il faut plaider la concorde civile », a-t-il affirmé.
Sans les nommer, il a visé les responsables qui, « qu’on soit ministre, candidat à la présidentielle, député », expliquent que « tous les maux de cette société sont la responsabilité des “arabos musulmans” ».
Le maire a ensuite décrit des victimes. Il a évoqué une personne tuée près d’une aire de jeux, « qui rendait visite à sa famille, qui n’a rien demandé », abattue selon lui « d’une rafale d’armes automatiques ». Une fille de 12 ans est, selon lui, « entre la vie et la mort », ciblée par une rafale. « Son crime, c’est probablement d’être racisée », a-t-il dit.
Il a également indiqué qu’un homme avait été touché dans une station-service de Trappes « parce qu’il est maghrébin ». « L’enquête précisera tout cela, mais je crois que j’ai peu de risque d’être démenti », a-t-il ajouté.
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête de flagrance, notamment pour « assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », « association de malfaiteurs terroriste » et « détention d’une arme de catégorie A ».
Selon le parquet, les victimes auraient été visées en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion. Les motivations du suspect et d’éventuelles complicités restent à établir.