Kampala, Ouganda (AA)
L’Ouganda a annoncé jeudi avoir entamé le retrait de ses troupes de Somalie, après près de deux décennies d’engagement militaire dans le pays, sur fond de pressions financières croissantes pesant sur la mission de maintien de la paix de l’Union africaine (UA), à la suite de la décision de Washington de retirer son financement et son soutien logistique à l’opération.
Dans une note diplomatique transmise le 1er juillet, les États-Unis ont informé l’Union africaine qu’ils s’opposeraient au renouvellement du mandat de la Mission d’appui et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) au Conseil de sécurité des Nations unies si celui-ci prévoyait un soutien logistique ou opérationnel du Bureau d’appui des Nations unies en Somalie (UNSOS).
Washington a fait part de sa frustration croissante à l’égard du gouvernement fédéral somalien, évoquant des progrès insuffisants dans les réformes du secteur de la sécurité et l’incapacité des forces nationales à assurer pleinement et de manière autonome le contrôle de leur territoire, après près de deux décennies d’intervention internationale.
Les États-Unis se sont également opposés à un modèle de financement dans lequel les organisations internationales prendraient en charge plus de 90 % des coûts globaux de la mission.
La réduction de 25 % du financement de l’UNSOS, liée au retrait de la contribution financière américaine, a également affecté les opérations sur le terrain.
Le général Muhoozi Kainerugaba, chef des forces de défense ougandaises, a annoncé que son pays avait commencé à retirer ses soldats de Somalie, avec pour objectif un retrait complet d’ici août 2027.
« Après 20 ans de sacrifices et de nombreuses pertes humaines, nous transmettons la responsabilité de la sécurité à nos frères somaliens », a déclaré Kainerugaba.
Alors que Washington avait initialement annoncé une interruption brutale de son soutien à compter du 31 décembre 2026, les États-Unis ont négocié avec le Conseil de sécurité de l’ONU une prolongation de 12 mois.
Au lieu de mettre fin immédiatement à son soutien, Washington a accepté un retrait progressif des services logistiques de l’ONU à partir de janvier 2027.
Malgré cette période de transition d’un an, la perspective de la suppression du soutien financier américain exerce une forte pression sur le dispositif de maintien de la paix.
Cette évolution intervient dans un contexte de reprise des combats dans le sud de la Somalie et d’incertitudes quant à l’avenir du soutien international à la sécurité, alors que plusieurs missions approchent de leurs échéances.
Lundi, de violents affrontements ont été signalés près de Burhakaba, dans la région de Bay.
Le gouvernement fédéral somalien a également rejeté les accusations selon lesquelles des avions turcs auraient frappé par erreur des soldats somaliens lors des combats.
L’Ouganda a été le premier pays à déployer des troupes en Somalie en 2007, dans le cadre de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).
Au cours des 19 dernières années, l’armée ougandaise a joué un rôle central aux côtés de l’armée nationale somalienne dans la reprise de plusieurs territoires stratégiques aux mains du groupe armé Al-Shabaab et dans la protection d’infrastructures gouvernementales essentielles.
À la suite de la transition de l’AMISOM vers l’AUSSOM, dont les opérations ont officiellement débuté le 1er janvier 2025, la mission a recentré ses efforts sur le renforcement des institutions nationales somaliennes chargées de la sécurité, la protection des civils et la préparation des forces somaliennes à assurer pleinement la sécurité du territoire.
L’AUSSOM bénéficie d’un soutien logistique essentiel de l’UNSOS, notamment pour l’approvisionnement en nourriture, en eau et en carburant, les évacuations médicales ainsi que le transport des troupes.
Ce dispositif de soutien des Nations unies dispose d’un budget annuel d’environ 500 millions de dollars.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
Hamza Kyeyune