AA / Istanbul / Mariem Njeh
Un projet de rapport de la commission du développement régional (REGI) du Parlement européen appelle à transformer la stratégie européenne pour les îles, adoptée par la Commission le 10 juin 2026, en un « Pacte européen pour les îles ».
Le texte, visant à « renforcer la politique de cohésion pour les îles et les régions côtières de l’UE », a pour rapporteur le député européen Younous Omarjee. Le projet demande à la Commission et au Conseil de lancer ce pacte comme un « cadre permanent de coopération et de gouvernance multiniveaux ».
Il réclame aussi un agenda assorti d’un calendrier, d’objectifs mesurables et d’indicateurs de suivi.
Parmi les autres demandes figurent : un test d’« island-proofing », soit une évaluation obligatoire de l’effet des initiatives et de la législation européennes sur les territoires insulaires, ainsi qu’une unité dédiée aux îles au sein de la Commission ; la révision des règles sur les aides d’État (de minimis, règlement général d’exemption par catégorie, aides régionales, services d’intérêt économique général) afin de tenir compte des surcoûts structurels de l’insularité ; un chapitre « îles » obligatoire dans les futurs plans de partenariat nationaux et régionaux des États membres comptant des territoires insulaires ; un observatoire européen de l’insularité, avec une méthode harmonisée de mesure du « coût de l’insularité ».
Le projet de rapport propose d’organiser un premier Sommet mondial des îles sur une île de l’Union. Selon le texte, cette initiative permettrait à l’UE de « transformer la fragmentation géographique de ses îles, de ses régions ultrapériphériques et de ses pays et territoires d’outre-mer en un atout diplomatique » et de favoriser « l’émergence d’un véritable archipel mondial de coopération » entre des territoires « en première ligne des transformations écologiques, maritimes et géopolitiques du XXIe siècle »
Le texte propose en outre d’organiser un premier Sommet mondial des îles sur une île de l’Union, qui pourrait jeter les bases d’un « pacte mondial pour les îles ».
Selon le document, l’UE compte près de 27 000 îles réparties dans 16 États membres, dont plus de 4 000 sont habitées par environ 17 millions de citoyens, hors régions ultrapériphériques et pays et territoires d’outre-mer.
Le projet souligne également le caractère géostratégique des îles et des côtes, évoquant la hausse des menaces hybrides, les risques de sabotage et la protection des câbles sous-marins et des infrastructures critiques. Le texte doit encore être examiné en commission avant d’être soumis à un vote.
Il s’agit d’un rapport d’initiative, qui n’a pas de valeur législative contraignante.